Une forte poussée de la gauche au Sénat se dessinait dimanche après-midi d'après les premiers résultats du scrutin sénatorial, rendant toujours possible un basculement historique dans l'opposition de la deuxième chambre du Parlement. | Joel Saget
Une forte poussée de la gauche au Sénat se dessinait dimanche après-midi d'après les premiers résultats du scrutin sénatorial, rendant toujours possible un basculement historique dans l'opposition de la deuxième chambre du Parlement.SUR LE MÊME SUJET
Ces deux départements font partie des trois dont le scrutin est passé du mode proportionnel au majoritaire, et sur lesquels le président du Sénat , l'UMP Gérard Larcher, comptait pour gagner des sièges. Il comptait notamment dans le Morbihan sur la notoriété de François Goulard, député UMP. Les 3 candidats de gauche sont arrivés en tête dans ce département où la droite a deux sortants et tablait sur un grand chelem.
Autre victoire très importante, celle au premier tour du président du conseil régional du Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, "frêchiste" exclu du PS mais soutenu par son ancien parti. Le sénateur sortant, Jean-Paul Alduy (UMP), est en ballottage.
La Lozère, département rural, bastion traditionnel de la droite, enregistre également une progression de la gauche, le sénateur sortant Jacques Blanc (UMP) étant mis en ballottage.
Les départements à scrutin majoritaire, les plus faiblement peuplés, sont considérés comme plus favorables à la droite.
Ce vote est crucial à sept mois de la présidentielle et un Sénat majoritairement à gauche serait un véritable "séisme" politique selon les termes même de Gérard Larcher.
La gauche, qui a gagné toutes les dernières élections locales, - municipales, régionales, cantonales - ne pouvait a priori que progresser mathématiquement en sièges.
Dans ce mode de scrutin les petites communes rurales traditionnellement conservatrices sont pourtant surreprésentées et la grande majorité des petits maires ou délégués municipaux sont sans étiquette.
Mais la droite pâtit de ses divisions, notamment à Paris, et d'une forte grogne des élus locaux, qui ont mal accueilli la réforme des collectivités territoriales et le regroupement des communes menés à marche forcée par les préfets.
La gauche devra gagner mathématiquement 23 sièges sur les 170 mis en jeu dans 44 départements pour obtenir la majorité à la Haute assemblée, dont le nombre de sièges est porté de 343 à 348.
Le deuxième tour des départements au scrutin majoritaire s'est ouvert à 15h00 et devait s'achever à 17h30. Dans les départements à la proportionnelle les urnes ont été ouvertes de 9h00 à 15h00.
Les résultats s'échelonneront jusque vers 18h30-19h00 en métropole. Il faudra encore attendre les résultats de Guadeloupe (3 sièges) et Martinique (2 sièges) tard dans la nuit.
Si le scrutin est très serré dimanche soir, il faudra encore patienter jusqu'au "troisième tour" de l'élection, à savoir celle du nouveau président, le 1er octobre, pour désigner le vainqueur.
Actuellement, sur 343 sénateurs, la gauche détient 153 sièges: 116 sénateurs au groupe PS et Verts et 24 au CRC (Communistes et Parti de gauche). Elle peut aussi compter sur 13 des 17 membres du groupe Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). 29 sénateurs font partie du groupe Union centriste, rassemblant le MoDem, le Nouveau centre, l'Alliance centriste. 149 sont inscrits comme UMP, 7 sont non inscrits, et deux sièges sont vacants.
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